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La Nef, encore influencée par l’Anthroposophie?

Selon mes recherches (en 2019), le choix de placement éthique est en France assez limités. Lorsqu’on place son argent à La NEF (avec intérêts quasi-nuls), celui-ci ne sera utilisé que pour des prêts à vocation environnementale, sociale ou culturel. La liste des prêts est publiée.

Avant que j’y place des économies, je me suis inquiété du lien de la NEF avec l’anthroposophie, un mouvement ésotérique auquel ses fondateurs adhéraient. Si on lit la page Wikipédia, c’est assez inquiétant:

  • Anti-vaccin 😲.
  • Agriculture « biodynamique », basée sur des croyances ésotériques, comme enterrer des cornes de vaches remplies de fumier ou suivre le calendrier lunaire.
  • Écoles défavorablement connues de la Miviludes. Grégoire Perra, un ancien anthroposophe et enseignant d’école Steiner-Waldorf dénonce une dérive sectaire.
  • etc…

Selon la communication de la NEF:

  • Si les adeptes de l’anthroposophie étaient centraux au début, ils ont été depuis noyés dans la masse des sociétaires et les dirigeants actuels ne se déclarent pas anthroposophes.
  • La publication de la liste des prêts assure la transparence. Malheureusement, les prêts sont disponibles sous forme de carte, et plus sous forme de liste facile à analyser. J’ai téléchargé description des 1653 prêts et on peut y trouver 5 écoles Steiner (😢), 1 maison d’édition et 28 qui évoquent la biodynamie.
  • Des institutions (Crédit Coopératif, Biocoop SA, Fondation Macif) détiennent des parts, et donc apportent une certaine caution. Cela dit, lors de la dernière assemblée générale, le Crédit Coopératif a annoncé prendre ses distances car jugeant la NEF en danger (page 5: « dégradation économique continue avec des résultats financiers déficitaires depuis cinq ans […] incapacité à améliorer son profil de risque […] difficulté à construire seule pour ses clients et sociétaires des offres bancaires complète […] obligation de se développer sur des territoires parfois très éloignés du projet souhaité par ses sociétaire ») et ayant vu son plan stratégique refusé par les sociétaires (en faveur de celui de l’équipe dirigeant actuelle de la NEF).

J’ai jugé que cela apportait assez de garanties. J’espère que je ne me trompe pas, et que je n’aide pas à promouvoir à mon insu des croyances obscurantistes.

Acheter des actions « Terre de liens »

Terre de liens (Wikipédia) est un mouvement qui aide les paysans à s’établir. Notamment, la société foncière (une des trois entités, avec l’association et la fondation) achète des terres et des fermes et les loue, aidant à créer des exploitations à taille humaine et respectueuses de l’environnement. Il est possible d’acheter des actions de la Foncière, mais quels sont les risques financiers? Voila les informations que j’ai trouvé.

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Acheter des parts d’Enercoop PACA et « perdre » 30%

Lors de ma souscription chez le fournisseur d’électricité Enercoop, j’ai acheté des parts sociales (des actions) de la coopérative Enercoop PACA. Soit les conditions de revente des parts n’étaient pas clairement expliquées, soit je ne les ai pas bien comprises.

Les parts valent à l’achat 100€. Les fonds apportés par les nouveaux entrants font ensuite partie des fonds de la coopérative. Si on veut revendre ses parts, la valeur de rachat par la coopérative est grosso-modo la somme de ses fonds divisée par le nombre de parts courant. Comme la coopérative a été déficitaire ces dernières années, la valeur de rachat des parts n’est que de 70€ (en 2020).

Intuitivement, je pensais que mes « pertes » (ou gains) seraient liées à celles faites sur la coopérative sur un an. Mais en fait, les sociétaires se partagent également les pertes passées. D’un point de vue capitalistique c’est très désavantageux, et d’un point de vue participation à un projet commun c’est équitable.

En achetant des parts d’une PME, on a le droit à un avantage fiscal de 18% de la somme, et en contrepartie il faut les garder au moins 7 ans. Enercoop PACA espère un retour à l’équilibre en 2023. Moi aussi (pas seulement pour mon argent!).

Épargne éthique? Un choix très limité

Je cherchais où placer mes économies, en cherchant à leur donner une utilité sociétale, et surtout éviter:

  • Les entreprises pratiquant l’optimisation fiscale « agressive » (euphémisme) et utilisant les paradis fiscaux.
  • Celles basées sur des activités polluantes.
  • Celles liées à l’exploitation des travailleurs.
  • La finance connectée de la société.
  • etc…

Que choisir?

Et bien au final, selon les recherches des Amis de la Terre et les miennes, seuls deux types de produits financiers correspondent et elles n’ont aucune attractivité financière:

  • Les livrets et comptes à terme de la Nef. Les intérêts versés sont quasi-nuls, ce qui veut dire une perte à cause de l’inflation. Un point m’inquiète: la Nef est-elle encore influencée par l’anthroposophie, mouvement ésotérique, dont ses fondateurs étaient membres?
  • Les parts (actions) d’entreprises à vocation sociale, qui ne versent pas de dividendes et dont le seul attrait financier est une réduction fiscale de 18% (25% fin 2020) du prix d’achat avec obligation de garder les parts 7 longues années, avec un risque de perte (ce sont des actions). Parmi celles-là:
    • Terre de liens, qui achète des terres agricoles et les loue à des agriculteurs en agriculture paysanne, bio ou biodynamique. Cette dernière est une pratique ésotérique issue de l’anthroposophie. Voir mes quelques notes à la fin de cet article sur des liens possibles.
    • Enercoop, fournisseur d’électricité renouvelable qui participe vraiment à la création de nouvelles infrastructures (d’autres ne font que mettre une étiquette verte sur des centrales hydroélectriques vieilles de plusieurs décennies). Attention, en 2020 acheter des parts de Enercoop PACA vous garantit une perte immédiate de 30%.
    • Solifap, société d’investissement de la Fondation Abbé Pierre visant à faire du logement très social.

Et les autres placements « éthiques »?

Comme l’éthique est en vogue, moulte banques proposent leurs livrets, assurances vies et autres produits « éthiques » labellisés, mais tous en trompe l’œil (sauf La Nef). Ne vous laissez pas abuser par les discours en apparence engagés. Parmi les points trompeurs:

  • Les produits avec réversion des intérêts à des bonnes œuvres: les fonds sont placés dans l’économie classique et vous auriez pu vous-même donner les intérêts en bénéficiant d’une réduction d’impôts.
  • Les fonds de placements labellisés ISR (investissement socialement responsable): le fond investi dans des entreprises choisies selon des critères sociaux et environnementaux (en plus de la rentabilité). Mais les rapports annuels de ces fonds offrent des surprises, comme l’avait noté le jounal Le Postillon.
    Exemple: on y retrouve des grosses banques car elles ont de bonnes évaluations environnementales (les bureaux ça pollue peu) et sociales (égalité hommes/femmes), mais il s’agit des même qui investissent dans des entreprises très controversées et se servent des paradis fiscaux. Ou quand la stratégie de choix est une classification « best in class » (les meilleurs de chaque secteur sont choisis), cela mène à l’investissement dans des secteurs polluants (ex: l’automobile). Ces fonds sont assez rentables par rapport aux fonds classiques, mais au final ne s’en différencient que marginalement.
  • D’autres dédient un pourcentage mineur à des investissements vraiment sociaux/éthiques. Mais le reste est de l’économie classique (comprendre: les multi-nationales habituelles).