Épargne éthique? Un choix très limité

Je cherchais où placer mes économies, en cherchant à leur donner une utilité sociétale, et surtout éviter:

  • Les entreprises pratiquant l’optimisation fiscale « agressive » (euphémisme) et utilisant les paradis fiscaux.
  • Celles basées sur des activités polluantes.
  • Celles liées à l’exploitation des travailleurs.
  • La finance connectée de la société.
  • etc…

Que choisir?

Et bien au final, selon les recherches des Amis de la Terre et les miennes, seuls deux types de produits financiers correspondent et elles n’ont aucune attractivité financière:

  • Les livrets et comptes à terme de la NEF. Les intérêts versés sont quasi-nuls, ce qui veut dire une perte à cause de l’inflation.
  • Les parts (actions) d’entreprises à vocation sociale, qui ne versent pas de dividendes et dont le seul attrait financier est une réduction fiscale de 18% du prix d’achat avec obligation de garder les parts 7 longues années, avec un risque de perte (ce sont des actions). Parmi celles-là:
    • Terre de liens, qui achète des terres agricoles et les loue à des agriculteurs en agriculture paysanne, bio ou biodynamique.
    • Enercoop, fournisseur d’électricité renouvelable qui participe vraiment à la création de nouvelles infrastructures (d’autres ne font que mettre une étiquette verte sur des centrales hydroélectriques vieilles de plusieurs décennies)
    • Solifap, société d’investissement de la Fondation Abbé Pierre visant à faire du logement très social.

Et les autres placements « éthiques »?

Comme l’éthique est en vogue, moulte banques proposent leurs livrets, assurances vies et autres produits « éthiques » labellisés, mais tous en trompe l’œil (sauf La Nef). Ne vous laissez pas abuser par les discours en apparence engagés. Parmi les points trompeurs:

  • Les produits avec réversion des intérêts à des bonnes œuvres: les fonds sont placés dans l’économie classique et vous auriez pu vous-même donner les intérêts en bénéficiant d’une réduction d’impôts.
  • Les fonds de placements labellisés ISR (investissement socialement responsable): le fond investi dans des entreprises choisies selon des critères sociaux et environnementaux (en plus de la rentabilité). Mais les rapports annuels de ces fonds offrent des surprises, comme l’avait noté le jounal Le Postillon.
    Exemple: on y retrouve des grosses banques car elles ont de bonnes évaluations environnementales (les bureaux ça pollue peu) et sociales (égalité hommes/femmes), mais il s’agit des même qui investissent dans des entreprises très controversées et se servent des paradis fiscaux. Ou quand la stratégie de choix est une classification « best in class » (les meilleurs de chaque secteur sont choisis), cela mène à l’investissement dans des secteurs polluants (ex: l’automobile). Ces fonds sont assez rentables par rapport aux fonds classiques, mais au final ne s’en différencient que marginalement.
  • D’autres dédient un pourcentage mineur à des investissements vraiment sociaux/éthiques. Mais le reste est de l’économie classique (comprendre: les multi-nationales habituelles).

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