Conseils d’organisation pour un voyage au Japon

Voila quelques conseils pour organiser son voyage au Japon, sachant que je ne suis pas du tout un voyageur débrouillard et aguerri.

Attention, ces informations datent d’avril 2008. Les tarifs (et le taux de change surtout) peuvent avoir changé. Et 8% du territoire est contaminé par le césium 🙁

Quelle saison?

Si on a le choix, il y a deux saisons majeures pour aller au Japon: le printemps (les cerisiers en fleurs), et l’automne (arbres flamboyants). Comme le climat est humide, en été c’est étouffant et en hiver on se gèle. Évitez particulièrement la Golden Week début mai, tout le Japon part en vacances.

Pour ma part j’ai choisi le printemps, fin mars début avril. D’après mes souvenirs, la floraison commence mi-mars et finit fin avril. Attention, les dates de début et de fin diffèrent selon les endroits, car la température n’est pas la même à Kyushu (sud) qu’à Hokkaido, et à Tokyo (côte) qu’à Takayama (montagne).

Quelle compagnie?

On m’a déconseillé British (et son terminal 5 d’Heathrow qui fait disparaître les bagages), bien qu’étant la moins chère. J’ai pris Swiss qui est très bien (et qui était la deuxième moins chère). Sinon il y a un bon plan (bien économique) avec Sri Lanka Airline qui « oblige » à passer une journée sur cette île. Personnellement j’ai préféré passer un jour de plus au Japon. Il y a encore les compagnies japonaises (JAL et ANA), mais c’est quand même bien plus cher. J’ai pris mon billet un mois et demi à l’avance sur un site sur le net.

Quel aéroport?

Si on veut faire un circuit, on a principalement le choix entre comme aéroports entre ceux de Tokyo (Narita le principal et Haneda le plus proche) et l’aéroport du Kansai, près d’Osaka. Une amie m’a dit qu’on pouvait arriver à l’un et repartir de l’autre avec Air France sans payer le tarif de deux allers simples. Ça peut être un bon plan.

Comment se déplacer au Japon

Au Japon, le transport ferroviaire est roi. C’est sûrement le meilleur réseau au monde. Celui-ci est très dense, les trains très fréquents et toujours à l’heure (une fois j’ai failli me tromper de train car j’étais en avance de 5mn sur le quai!). Imaginez: un train à grande vitesse Tokyo-Kyoto toutes les demi-heures! La plupart des coins « importants » (pour un premier voyage) sont accessibles en train.

De plus, les touristes peuvent acheter un passe (le JR pass) illimité pour une, deux ou trois semaines, et ceci pour un tarif raisonnable (172 euros la semaine, 274 pour 2 semaines, 350 pour trois semaines; attention, la valeur du yens a explosé depuis). Il faut obligatoirement l’acheter à l’avance dans votre pays, par exemple sur ce site. Une fois qu’on a reçu un bon chez soi, il faudra une fois au Japon l’échanger contre un vrai pass (je l’ai fait à la gare de l’aéroport de Narita, histoire d’être débarrassé), en donnant la date de départ de validité à l’employé JR.

Non seulement c’est raisonnable économiquement, mais c’est très pratique: on peut réserver un billet gratuitement au guichet (on peut y aller quelques minutes avant le départ du train, le temps de faire la queue), ou alors on tente sa chance dans un wagon sans réservation (il y en a dans chaque train, enfin je crois), voir même debout. Pas besoin de réserver tous ces billets longtemps à l’avance (ce qui n’empêche pas d’organiser son circuit)! Pour passer les portiques, on a juste à montrer son passe à un employé de la société JR, et hop on est dans le train, c’est la seule formalité. Personnellement, je l’ai pris pour deux semaines, sachant qu’il ne me serait pas utile à Tokyo. Il y a quand même quelques exceptions à ce tarif tout compris:

  • les trains couchettes sont soumis à supplément (je n’ai pas le détail, mais vérifiez avant de prévoir un voyage de nuit)
  • certains trains et certaines lignes ne sont pas JR (Japan Rail, la plus grosse compagnie). Vous devrez alors payer un supplément
  • le passe n’est pas valide pour les lignes de métro. À Tokyo, on peut toutefois l’utiliser sur la ligne circulaire « Yamanote »

Dans les trains que j’ai pris, il n’y avait pas d’emplacement spécifique pour les bagages, à part derrière le premier siège du wagon. Je crois que les autochtones préfèrent utiliser des services spécialisés de livraison pour leurs valises.

Comment marche le métro à Tokyo

À Tokyo, on peut utiliser son JR pass pour emprunter la ligne Yamanote qui fait une grande boucle. Mais pour le reste, il faut prendre le métro. Le plus pratique est de prendre une carte sans contact Suica. Celle-ci permet de passer les portiques en passant sa carte près d’un récepteur, le système débite automatiquement de votre carte (qu’il faudra recharger de temps en temps) le montant nécessaire en fonction de la distance parcourue. Elle permet aussi de payer le train dans la région de Tokyo. Attention, l’argent part vite! Le prix contient une partie fixe et le reste est en fonction de la distance (pas comme à Paris!). Attention, si vous passez du métro à la Yamanote, vous changez de réseau et vous payez à nouveau la partie fixe. Vous pouvez vérifier ça sur Hyperdia.

Pour savoir quelle ligne prendre, encore une fois Hyperdia est votre ami.

On peut faire du vélo?

À Kyōto, on peut en tous cas. C’est relativement plat, et pour peu qu’il ne fasse pas super moche, c’est le pied total. J’ai loué le mien au « Budget Inn ».

Quel circuit faire

Vaste question! Je ne sais pas ce que vous préférez voir au Japon, mais je vais vous dire comment je m’y suis pris. Tout d’abord, j’ai noté une liste de lieux que je voudrais voir, d’après les forums Internet et le Lonely Planet. De mémoire (j’ai passé beaucoup de temps!), j’avais mis: Tokyo, Kyoto, Nara, Kamakura, Nikko, Takayama, Kanazawa, Hakone, Hiroshima, Miyajima, Osaka, le mont Koya, Beppu, Matsue, Tottori, le mont Aso, Amanohashidate, Himeji. J’étais très enthousiaste, puis je me suis rendu compte que c’était beaucoup trop, même pour trois semaines.

Alors dans mon tableur préféré, je me suis fait une grille, en triant les villes du sud au nord et en notant les temps de trajet des différentes combinaisons avec Hyperdia. J’ai essayé de passer maximum deux heures par trajet en train, histoire d’avoir ma journée presque entière. Aller et partir de Takayama a pris chaque fois une demi-journée, mais le paysage était magnifique, donc pas de regrets. Donc à partir de là, j’ai fait mes choix (dur!), ce qui a donné au final (j’en suis particulièrement fier, moi qui ne suis pas un roi de l’organisation de vacances):

Conseils: noter avant de partir les horaires (plus quelques horaires alternatifs plus tôt et plus tard) pour chacun de vos déplacements, comme ça pour votre réservation vous aurez juste à vous présenter au guichet et à montrer le trajet, la date, l’horaire et le numéro du train que vous voulez prendre, avec un minimum d’anglais et de japonais. Vous gagnerez du temps (personnellement, je n’aime pas faire attendre les gens, et je préfère passer du temps à me balader plutôt que dans les formalités).

Réservez vos billets à l’arrivée dans une ville, pas juste avant de partir, vous augmenterez vos chances d’avoir une place réservée et vous gagnerez du temps le matin. Une seule fois je n’ai eu le droit qu’à une place dans un wagon fumeur, et quand j’ai fait des trajets sans réservations ça c’est bien passé (mais si vous le pouvez, minimisez vos chances de rester debout).

Attention, au printemps il fait bon, sauf en montagne où ça caille. Je me suis retrouvé en habits légers à Takayama, sous la neige, en vélo. J’ai cru que j’allais perdre mes doigts (bon, c’était quand même un très bon souvenir).

Où loger

Il y a plusieurs styles de logements.

  • Les « business hotels » sont des hôtels à l’occidentale (pas très dépaysant, personnellement, étant parti seul, un de mes plus gros regret est d’y avoir été deux fois (pour un tarif assez élevé), mais je ne savais pas ce que j’aimerai)
  • Les minshuku, ou sorte de chambres d’hôte. On peut avoir une chambre à la japonaise, avec un futon
  • Les ryokans, auberges japonaises. Un peu comme au dessus.
  • Les auberges de jeunesse
  • Les hôtels pour « backpackers », dans l’esprit « auberge de jeunesse »
  • Les hôtels pas chers, comme le Juyoh par exemple à Tokyo
  • Les hôtels capsule (pour le salaryman qui a raté le dernier métro; pas testé)

Conseil absolu: s’y prendre le plus à l’avance. En s’y prenant deux-trois mois avant, on sera tranquille je pense. Les meilleurs plans sont pris d’assaut par tous les touristes du monde entier. J’ai commencé à organiser mon voyage 1 mois et trois semaines avant le départ, donc une fois mon circuit élaboré, j’ai parfois sacrément galéré, surtout à Tokyo.

Évitez de changer d’hôtel dans la même ville, vous allez devoir trimbaler votre valise d’un hôtel à l’autre, ou devoir chercher un consigne (perte de temps et d’argent).

Bien sûr, les hôtels les moins chers, notamment à Tokyo sont souvent plus excentrés. Pour la capitale, regardez sur Hyperdia quelle est la station de métro la plus proche, à quelle distance elle se trouve de l’hôtel, et combien de temps cela prend pour vous rendre aux lieux que vous voulez visiter.

Personnellement, j’ai tout réservé par internet. J’ai dû une fois téléphoner pour réserver, et avec la qualité pourrie de ma ligne téléphonique Free, complètement dans les choux le matin avant de partir au boulot, tout ça avec un anglais avec accent japonais, c’était pas facile.

Comment je paye

Là-bas, tout le monde paye en cash, et la seule chose (quasiment) qu’on peut faire de notre carte VISA, c’est de retirer du liquide dans une poste ou chez citybank, avec la grosse commission que se prendra votre banque. Donc, le Japon étant un des pays les plus sûrs au monde, avec les gens les plus honnêtes, mon conseil est de partir avec des yens. Le meilleur choix (si possible) est d’acheter des devises à Paris dans le quartier Opera. Habitant en province, j’ai commandé sur Internet (et oui!) chez Multi Change pour un peu moins de 1700 euros (hôtel, bouffe, billet de métro, appareil photo, souvenirs, j’avais oublié les droits d’entrée dans les temples, quel idiot!), ils ont un bon taux et la livraison à la poste est sécurisée, pas un simple colissimo. J’ai laissé une partie dans ma valise à l’hôtel, une partie dans mon portefeuille, et hop!

Sinon le bureau de change à Narita a des taux intéressants (on peut trouver mieux parait-il à Akihabara, mais encore faut-il y aller).

On peut prendre des travellers checks, mais c’est plus cher, moins pratique et le japon c’est vraiment très sûr.

Quel budget

Point de vue bouffe, à la grosse louche, je dirais qu’il faut compter (en voyant large pour pas se retrouver à sec) sur 1000 yens pour un repas simple (comme un ekiben, des ramens), jusqu’au double ou le triple pour un resto raisonnable, 500 yens pour des petits encas genre viennoiseries (hum!!!) ou des boissons.

Pour l’hôtel, les prix que j’ai rencontrés étaient:

  • 2300-2500 yens la nuit en dortoir au « Tour Club » et « J Hopper » à Kyoto
  • 3200 yens au Juyoh à Tokyo
  • 6500 yens au Mori no yado à Miyajima (ajoutez à ça le petit dej et le dîner, pas donné)
  • 4350 yens dans un minshuku à Takayama
  • 6300 yens dans un business hotel à Tokyo (le « Tokyo business hotel », ça ne s’invente pas)
  • 7280 yens dans un autre business hotel à Kanazawa

Les entrées dans les temples coûtent généralement entre 500 et 800 yens (ne faites pas comme moi, ne les oubliez pas dans le budget, sinon vous vous retrouvez à sec!), ça chiffre très vite.

Je ne sais plus combien le métro m’a coûté, mais ça finit par coûter cher. Vous pouvez vous faire une idée des tarifs sur Hyperdia.

On bouffe quoi?

Parmi les plans pas excessivement chers, dans chaque gare, on peut trouver des ekibens (boite déjeuner pour voyageur) pour 1000 yens (un peu plus de 6 euros). C’est toujours très bon, différent dans chaque ville, mais moyennement consistant. J’en ai souvent pris surtout quand je ne voulais pas galérer à chercher un resto en plein milieu de la journée.

Sinon, comme casse-croûte y a les « onigiri », triangle de riz fourrés qu’on trouve pour pas cher dans n’importe quel « combini » (petit magasin ouvert 24 heures sur 24).

Comment communiquer

Et bien je ne parle pas japonais, et je lis encore moins les kanjis. Heureusement, tous les noms de gares, de stations de métro et de nombreuses autres indications sont indiqués en « romaji » (noms japonais écrits en caractères latins). Si on va un peu plus dans la cambrousse, on commence à ressentir la douleur de l’illettré. Donc pas trop de problème quand même à ce niveau là. Par contre les japonais ne parlent quasiment jamais anglais, sauf dans les hôtels et les gares. Faites un effort en parlant quelques mots simples de japonais (genre « excusez-moi, je cherche truc-bidule »), les gens vous aideront beaucoup plus volontier même si c’est pour vous donner le chemin avec des gestes.

Je me suis acheté un petit guide linguistique du touriste chez Harraps, qui est pas trop mal (sauf la traduction du mot « dîner » qui est en fait celle de « dîner avec bouffe occidentale »). Je peux demander mon chemin, dire le numéro de ma chambre d’hôtel, bonjour, merci, mais pas beaucoup plus. Bon, ça aide toujours.

Tout ça pour dire qu’on peut se débrouiller.

Les lieux qui m’ont marqué

Chacun ses goûts, mais voilà les miens (vus au printemps), ceux d’un touriste qui n’est resté que trois semaines:

  • Tōkyō: le musée national à Ueno (et le parc d’Ueno)
  • Miyajima, et le mont Misen: si il fait beau, c’est magnifique
  • Le musée de la bombe A à Hiroshima: très très émouvant (bon, la musique larmoyante c’est un peu facile et abusé)
  • Tokyo: Ikebukuro, un quartier moderne. Belle vue depuis le Sunshine 60
  • Tokyo: le parc de Shinjuku, celui de Harajuku
  • Tokyo: Shibuya, ses écrans géants et son célèbre carrefour
  • Nikko: les temples en montagne, c’est dépaysant
  • Kamakura: des temples, dans une nature plus « florale »
  • les maisons au toit de chaume de Shirakawa Go et du musée en plein air « Hida no sato » de Takayama
  • un peu tout Kyōto, sauf le parc impérial et son sol en gravier
  • le jardin « isui-en » à Nara, le « kenrokuen » à Kanazawa, et les jardins japonais en général, magnifiques

Conseils divers

Il fait jour super tôt (prenez un masque de sommeil si vous ne voulez pas comme moi vous réveiller à 5h du mat) en tous cas au printemps, et les temples ouvrent tôt et ferment tôt. Donc, si vous comptez en visiter, je vous suggère de commencer votre journée tôt.

Attention aux consignes à bagage à Tokyo, il est très dur d’en trouver de libres pour des grands bagages en journée. J’ai tourné pendant plus d’une heure dans l’immense gare centrale de Tokyo pour en trouver une, et finalement je me suis rabattu sur une consigne tenue par des êtres humains, qui avait l’inconvénient de faire payer chaque bagage (et j’ai trimballé un sachet plastique en plus de mon sac à dos toute la journée pour pas payer le triple). C’était la faille de mon super plan « j’arrive de l’aéroport à gare de Tokyo à midi, je pose mes valises et je vais visiter la ville ».

Dans certains coins, les restos ferment super tôt, et après on se retrouve comme un idiot.

J’ai imprimé toutes mes réservations d’hôtels et leurs plans, mes trajets en train, les lieux que je voulais visiter (dans une certaines mesure, à la fin j’étais à la bourre), les plans des villes et parcours suggérés par l’office du tourisme du japon (très bon site web!), une copie de ma carte bleue et de mon passeport. J’avais une copie sur ma clef USB, et une copie planquée sur mon site web dans un zip avec mot de passe. Une fois sur place, on profite mieux du voyage avec une très bonne organisation.

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